Les Carrés de soie Hermès

Le cirque est une source d’inspiration inépuisable. Régulièrement, la mode reprend à son compte certains éléments provenant de l’univers circassien. C’est notamment le cas de la maison Hermès. Trois modèles de ses célèbres carrés de soie sont parés de motifs issus du cirque. À plusieurs décennies d’intervalle, les illustrateurs Annie Faivre, Cathy Latham et Dimitri Rybaltchenko ont repris ce vocabulaire visuel et l’ont adapté aux carrés de soie. La thématique commune est interprétée différemment par chacun d’entre eux. Les visuels se déclinent dans de nombreux coloris. Chaque foulard est accompagné d’une petite notice explicative que je vous insère ci-dessous.

2017, Hermès Électrique, Carré en twill 100 % soie, roulotté à la main (90 x 90 cm), Coloris : blanc/beige/orange, Dessiné par Dimitri Rybaltchenko

 » Hermès, sous les feux de la rampe, s’amuse, détourne, brouille les pistes. Comme dans une ville en fête, comme sous un chapiteau de cirque, comme sur une affiche de comédie musicale de Broadway, son nom vibre en lettres de lumière ! Dans cette composition de Dimitri Rybaltchenko, les lettres se superposent comme des équilibristes, l’ambiance est électrique, énergique, dynamique : attention Mesdames, attention Messieurs, dans un instant, le spectacle commence ! L’électricité a changé le monde : de la foudre, son expression naturelle la plus spectaculaire, à la lampe à incandescence, qui a transfiguré la ville, elle métamorphose dans ce carré l’image de la maison.  »

Ce modèle est en vente actuellement sur le site internet de la Maison Hermès. La typographie rappelle celle des enseignes lumineuses que l’on voit à l’entrée du chapiteau et de la billetterie. Les lettres tiennent en équilibre les unes sur les autres. Cette forme de lettrage agrémentée d’ampoules est reconnaissable. Le sens de lecture perturbé, le regard se contorsionne afin de reconnaître les lettres composant le nom de la marque Hermès.

1972, Hermès Brandebourgs, Dessin de Cathy Latham

 » Un album de la collection Émile Hermès, consacré aux uniformes, insignes et accessoires militaires, est à l’origine de ce carré. Celui-ci décrit à merveille le raffinement de cette veste agrémentée de brandebourgs, ces galons de passementerie tournés en arabesques qui font de la tenue la plus simple un vêtement d’une richesse inouïe. Dessin de Cathy Latham  »

Le modèle Hermès Brandebourgs est très détaillé, les ombres mettent en valeur les volumes. Le costume représenté, à l’origine militaire est souvent utilisé dans le monde du cirque. Ce modèle de carré de soie n’est pas directement lié au cirque puisque le visuel fait référence au costume d’apparat  militaire, cependant, notre imaginaire fait facilement le lien. Monsieur Loyal, les garçons de piste, les placeurs et caissiers portent régulièrement des vestes d’inspiration Brandebourgs. Les fins tressages ponctués de petits boutons ronds créent un effet de relief. L’encadrement et les angles sont ornés de cordelettes formant des volutes.

1982, Hermès Circus, Dessin d’Annie Faivre

 » Monsieur Loyal, maître des pistes, n’a pas encore revêtu sa rutilante veste à brandebourgs. Bientôt, il présentera à grand renfort de trompettes et de cymbales les artistes et leurs numéros, et donnera sans doute la réplique au clown, toujours prompt à créer un joyeux désordre. Mais l’heure est à l’entrainement. Les étoiles du cirque, hommes et animaux s’appliquent à leur tâche. Lion et panthères s’exercent à marcher au rythme de l’orchestre sur une roue géante, les trapézistes s’apprêtent à s’élancer dans les airs, les tigres s’avancent sur d’énormes ballons et les équilibristes s’enroulent autour de leurs cerceaux. Au XVIIIème siècle, les spectacles équestres amorcent l’avènement du cirque que nous connaissons aujourd’hui. L’Anglais Philip Astley installe son manège dans le faubourg du Temple à Paris, et bientôt, les Franconi lui succèderont. Peu à peu, la place donnée aux chevaux s’amenuisera au profit des jongleurs, acrobates et autres clowns. À la fin du XIXème siècle, les ménageries apparaitront. Spectacle vivant, terriblement exigeant, le cirque a évolué au fil du temps. Foisonnement inventif, il pousse toujours plus loin l’art de mêler performances physiques et divertissement. Dessin d’Annie Faivre  »

Sur ce modèle Hermès Circus, nous retrouvons les costumes Brandebourgs placés dans les angles et reliés entre eux par une corde, ils délimitent la piste. La piste circulaire inscrite au cordage carré pourrait également être le chapiteau vu du dessous. Les artistes habitent ce décor, s’exercent à l’échelle, au trapèze et au cerceau aérien tandis que les fauves tiennent en équilibre sur des ballons géants. Quatre échelles se rejoignent au centre. La composition est faite d’éléments symétriques, elle s’anime grâce aux éléments centraux qui perturbent cette rigueur.

Hermès Électrique, Gavroche en twill 100 % soie (45 x 45 cm), Coloris : rouge/violet/bleu, Dessiné par Dimitri Rybaltchenko
1982, Hermès Circus, Dessin d’Annie Faivre

Pour ma part, j’ai une préférence pour le modèle Hermès Électrique.  Et vous ? Dites-moi en commentaire quel est votre modèle préféré.

Les anciens modèles ne sont plus disponibles sur le site Hermès. Je vais donc vous révéler mon petit secret pour obtenir ces beaux accessoires provenant d’anciennes collections. Je passe par le site internet Vestiaire Collective. Ce site propose à la vente des vêtements et accessoires de luxe d’occasion. Parfois, je me rends également sur le site Etsy. Je vous ai fait une sélection des modèles trouvés sur les deux sites :

Hermès Circus version rose n°1 / Hermès Circus version rose n°2 / Hermès Circus version bleue marine / Hermès Circus version noire / Hermès Circus version jaune / Hermès Circus version rouge / Hermès Brandebourgs version violette

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