Les Élancées 2018 – Les Mangeurs de lapin … remettent le couvert

J’ai découvert Les Mangeurs de lapin à l’Espace Gérard Philippe de Port-Saint-Louis à l’occasion du festival Les Élancées. Seul sur la scène, derrière son piano, le musicien commence à jouer quelques morceaux alors que le public s’installe. La musique est jouée en live, des boucles sont faites avec un sampleur. On en profite pour détailler le décor : des rideaux de velours rouge brillent en fond de scène, une grande encadrure de porte dorée, ornée d’animaux.

Pa Pa Pa Pa Pa, Pa La Pa Pa, Pa Pa Pa Pa ! C’est en fredonnant ce thème emblématique du cirque traditionnel que le trio fait son apparition sur scène. Ces artistes reprennent les codes du cirque classique pour les tourner en dérision. On les observe des pieds à la tête car leurs costumes sont improbables. Le musicien surnommé Mario, porte un gilet de costume sur une chemise à jabot d’une autre époque, tout comme « l’Irlandais du Connecticut » qui lui, porte un kilt agrémenté d’une tête de lapin. Artiste et maître de cérémonie à la fois, le troisième qui veille au bon déroulement du spectacle en dirigeant les opérations, est en costume noir. Il est accompagné par un dernier artiste en chaussettes hautes et short à bretelles. Sous le regard circonspect du musicien, les trois acolytes nous présentent tour à tour des numéros en trio, duo et solo.

Ils usent du comique de répétition : lorsque le quatuor se transforme en groupe de musiciens mexicains pour chanter Pepito. L’un des personnages vole la vedette aux autres en ne les laissant pas participer. Ils attendent inlassablement leur tour pour jouer et chanter. A chacune de ses respirations, ils sont prêts à entamer la chanson mais il reprend de plus belle sans leur en laisser l’opportunité.

© Les Mangeurs de lapin

L’un des numéros s’intitule « Les ballets (balais) de Paris ». Accompagnés des balais verts de balayeurs, les deux artistes sont travestis en danseuses de ballet. Flanqués d’une perruque blonde, d’une jupette de tulle ou tutu ainsi que d’un justaucorps moulant à l’extrême, laissant transparaître les détails de leur anatomie. L’un s’évertue à virevolter avec grâce lorsque l’autre, bien moins élégant, retombe au sol d’un pas lourd.

Tout est prétexte à l’humour. Les conflits internes à la troupe se reflètent sur le scène. On assiste au retard d’entrée sur le plateau, aux ratages, aux approximations et aux disputes.

Les exercices à la bascule, se complexifient un peu plus à chaque passage. Il débutent par le lancer d’un lapin dans une épuisette et finissent par un sucre dans une flute à champagne.

En anglais très francisé, l’artiste soit-disant « Irlandais du Connecticut » nous détaille toutes ses actions. C’est un prodige de la jongle. Il maîtrise le « juggling with the coussinets » à la perfection. Il nous offre par ailleurs plusieurs numéros de jonglerie, avec des poids, des balles de tennis, puis des raquettes de tennis. Toujours vêtu de son kilt, il ajoute un chapeau dans l’esprit aviateur qui lui permet de rattraper au vol les « coussinets » lancés par les personnes sélectionnées parmi le public.

Gourou Jacques, fakir-contorsionniste à ses heures se pare de sa coiffe et son pagne afin de nous offrir un numéro surprenant. Ses bras se démultiplient pour lui jouer des tours. Il perd la maîtrise de sa seconde paire de bras. L’art de la lévitation lui est permise grâce à son complice.

© DomSecher

Les Mangeurs de Lapin incluent des numéros avec des animaux plus vrais que nature. Le dressage des éléphants semble complexe car les animaux se montrent aussi indisciplinés que leurs dresseurs qui se chamaillent tels des enfants. Cependant, ils nous surprennent par leur talent avec les rouleaux américains.

© DomSecher

Josie, le dernier toucan du Médoc. Cet oiseau rare perché sur l’épaule de son maître nous dévoile ses incroyables performances ! Il parle presque, doit s’envoler mais finalement est trop malade et reste vissé sur le crâne du maître. Ses tours ainsi exécutés, il est récompensé par des cacahuètes.

Comme une véritable bouffée circassienne délirante, ce spectacle nous transporte dans l’imaginaire loufoque des Mangeurs de lapin.

Direction artistique : Sigrid La Chapelle
Mise en scène : Alain Gautré
Écriture et interprétation : Dominic Baird-Smith, Jean-Philippe Buzaud, Jorge Migoya et Sigrid La Chapelle

Pour suivre les actualités de la compagnie : www.mangeursdelapin.com

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