•22/09/2017• Jours [et nuits] de cirque(s) – Cabaret équestre

Peu de temps avant le lancement du festival Jours [et nuits] de cirque(s) du CIAM, j’ai remporté deux places pour assister au Cabaret équestre grâce au concours proposé sur le blog Un poisson nommé Marcel ! Un grand merci à Marion dont la plume se mue en écailles afin de nous plonger dans le tourbillon culturel de la région Aixoise et Marseillaise. Ravie de pouvoir découvrir le format cabaret du festival, je me suis rendue ce jeudi soir sur le domaine de la Molière. J’avais hâte de m’installer au cœur du chapiteau Magic Mirror monté pour l’occasion. Sans grande surprise, j’ai adoré le lieu avec son petit côté rétro, ses guirlandes lumineuses, ses suspensions à l’ancienne, ses vitraux, ses drapés rouges soulignés de franges or et ses alcôves.

Magic Mirror © Alice Martin

Lovés dans l’une des alcôves et intrigués par les voiles camouflant la piste, nous avons patiemment attendu le lancement du spectacle. La musique live débute et l’on aperçoit des silhouettes en transparence. Certains spectateurs trop impatients n’ont pas su résister à l’envie d’écarter les voiles pour entr’apercevoir les artistes prenant place. En musique, les voiles sont arrachés au fur et à mesure dévoilant la piste, les musiciens et les artistes. On réalise au cours du spectacle que les musiciens et la chanteuse permettent le tissage d’un fil conducteur entre les différents numéros.

Margo Darbois © Alice Martin

Margo Darbois évolue sur un fauteuil en fer forgé, support à ses cannes d’équilibre. La douceur de sa gestuelle est d’une grâce admirable. Elle a ensuite présenté un numéro de corde lisse.

Charlotte de la Bretèque © Alice Martin

Charlotte de la Bretèque maîtrise un agrès que je n’avais encore jamais vu, une barre sur laquelle de longues cordes sont suspendues. Les cordes forment un écran de lignes graphiques. Les mouvements de l’artiste font vibrer les cordes. Elle se déplace, glisse le long des câbles créant ainsi des formes géométriques.

Oleksandr Koblykov © Le Plus Grand Cabaret du Monde

Marin-jongleur, Oleksandr Koblykov dit Sacha, campe un personnage lunaire qui nous embarque dans son univers. Il jongle uniquement avec des balles blanches, qu’il glisse tour à tour dans son calot blanc. Une douce poésie semble figer le temps lors de l’envol de ses balles.

Domitil Aillot © Alice Martin

Changement de rythme avec Domitil Aillot au mât chinois. Sur la musique You know how I feel, l’artiste se recoiffe en haut du poteau comme si la discipline ne lui coûtait aucun effort. Il enchaîne les figures au mât avec fluidité. Jouant le séducteur, il a facilement emporté le public qui a été très réceptif à son numéro.

Émilie Jumeaux © Teaser Promo Émilie Jumeaux

Plus jeune je rêvais d’être écuyère ou trapéziste. Les passages équestres m’ont donc beaucoup impressionnée. De beaux spécimens, en robes blanches, noires, grises mouchetées, blanches tachetées de brun et brunes. Émilie Jumeaux, Clément Ferron & Alicia Dosogne bien que pratiquant la même discipline, ils proposent des passages équestres très différents. Émilie Jumeaux et Clément Ferron ont privilégié des interventions très dynamiques et acrobatiques, lorsque Alicia Dosogne a plutôt présenté des numéros centrés sur les équidés et leurs performances. On a pu voir un cheval faisant des claquettes.

L’alternance des numéros équestres et de cirque classique est entrecoupée par de petites saynètes qui facilitent les changements d’agrès en toute discrétion. J’ai notamment aimé l’idée de la parade de ballons-chevaux gonflés à l’hélium et reliés entre eux par un fil de nylon. Menés à la baguette par un maître écuyer portant le tricorne, les ballons-chevaux exécutent des sauts et forment un carrousel.

J’ai apprécié le panel d’artistes de talent et le format cabaret de ce festival. Je vous donne rendez-vous rapidement car dimanche je vais découvrir un autre spectacle dans le cadre du Festival Jours [et nuits] de cirque(s).

Cavaliers
Émilie Jumeaux
Clément Ferron
Alicia Dosogne

Artistes de cirque
Charlotte de la Bretèque – corde lisse
Oleksandr Koblykov dit Sacha – jongleur
Margo Darbois – équilibriste
Victor Rubilar – jongleur / performance avec ballons de foot
Domitil Aillot – mât chinois

Musiciens
Maryvette Lair – chanteuse
Jocelyn Moze – batteur
Feed – bassiste
Jean-François Prigent – guitariste

Mise en piste
Amélie Kourim
Davis Bogino

Pour consulter le programme du festival Jours [et nuits] de cirque(s) proposé par le CIAM : www.joursetnuitsdecirques.fr

•03/05/2017• Sirènes et Midi net – Cie XY

Le premier mercredi de chaque mois est le rendez-vous mensuel de Sirènes et Midi net.

Ce mercredi 3 mai, le public comme à son habitude crée une contre-forme à l’espace scénique. Cependant cette fois il n’y a aucun indice sur la performance à venir. Rapidement nous sommes invités à nous rassembler au cœur du parvis de l’Opéra de Marseille. Lorsque la sirène retentit, vingt acrobates apparaissent et se mêlent à la foule. Les artistes de la compagnie XY investissent pendant quinze minutes le parvis. Ils se rassemblent par petits groupes de trois ou quatre, identifiables à leurs silhouettes affutées vêtues de noir. Les portés effectués les font surgir de la marée humaine. Tout se passe au dessus de nos têtes. Les groupes s’animent en symétrie, se frayant un passage au milieu du public. Certaines personnes choisies parmi les spectateurs sont soulevées dans les airs. Les montées suivies par les descentes esquissent un rythme régulier à travers le silence. Tête à tête, équilibre, salto, chaque impulsion offre un nouveau spectacle. La sirène annonçant la fin du voyage dirige notre regard tout en haut d’un immeuble où l’on aperçoit un trio formant un porté.

 

 

Pour découvrir la Cie XY : www.ciexy.com

Pour consulter le programme de Sirènes et Midi net proposé par Lieux Publics : www.lieuxpublics.com

 

•28/01/2017• BIAC 2017 – La 7e Vague – Théâtre du Centaure

J’ai vu le spectacle La 7e vague dans le cadre de la Biennale des Arts du Cirque 2017. J’attendais cette soirée avec impatience, ayant déjà vu de nombreux extraits et photos des spectacles de la compagnie Théâtre du Centaure. J’avais donc beaucoup d’attentes en terme d’esthétisme et avais très envie d’être transportée par leur univers visuel. Par avance j’étais conquise.

Le centaure Solal incarné par Manolo & Toshiro (étalon lutsanien) ainsi que le centaure John Betrand Bossard & Akira (étalon lutsanien) sont des collègues traders. Leur relation est ambivalente car ils sont à la fois amis tout en cultivant une forme de rivalité. Tous deux n’ont pas tout à fait la même conception du business. L’un parie sur les valeurs à court terme lorsque le second prône les valeurs à long terme.

Le monde de la finance ne me passionne absolument pas, ce qui explique sans doute ma réticence quant au texte. Les dialogues me semblaient parasiter l’esthétique. Le débit soutenu est devenu une forme de brouhaha incessant. Je n’ai pas été convaincue par le jeu des traders qui était désincarné à mon sens. L’utilisation de certains gadgets technologiques tels que l’iPhone et le MacBook Pro ne me semblait pas nécessaire. La simple suggestion aurait pu suffire. La projection vidéo participe pleinement à la création de l’imaginaire financier. Tout au long du spectacle les deux centaures confrontent leurs visions.

Le terme de centaure désigne parfaitement la fusion entre l’homme et le cheval que les artistes nous donnent à voir. Le lien est sublime. On imagine sans mal les années de répétitions afin d’acquérir cette confiance mutuelle. Ils communiquent en une gestuelle presque imperceptible. C’est en cela que réside toute la beauté.

La bande sonore jouée en live par le compositeur et musicien Virgile Abela est ponctuée d’interventions enregistrées. L’ambiance musicale dans laquelle il nous plonge au début du spectacle m’a rappelé l’univers sonore de la série Twin Peaks de David Lynch. Le manège circulaire où les centaures évoluent est entouré de parois basses transparentes. La lumière joue un rôle essentiel dans la mise en valeur des êtres hybrides.

Je suis déçue de ne pas m’être laissée plus aller à la contemplation. J’ai tout de même apprécié les beaux tableaux présentés. Cela m’a laissée avec un avis partagé. Cependant, je suis certaine que la vision d’une autre de leurs créations suffirait à me séduire tout à fait.

 

Mise en scène : Camille Textes Camille & Manolo – Acteurs : Centaures Manolo & Toshiro (étalon lusitanien) Bertrand Bossard & Akira (étalon lusitanien) et Mahir Günşiray, acteur en vidéo – Composition et musique live : Virgile Abela – Création et régie lumière : Bertrand Blayo – Création vidéo : Camille et Jean-Christophe Aubert – Costumes : Les centaures sont habillés par Paul Smith, Création Clarisse Guichard – Fi Turin Création – Régie vidéo : Jean-Christophe Aubert – Régie générale : Sylvain Vassas Cherel – Soins des chevaux : Johanna Houé, Nell Marchand – Administration Production : Matthieu Paris, Charlotte Grünspan, Dominique Raybaud

Pour découvrir le Théâtre du Centaure : www.theatreducentaure.com

Pour consulter le programme de la BIAC 2017 : www.biennale-cirque.com

•23/01/2017• BIAC 2017 – Block by NoFit State & Motionhouse

Block est l’un des spectacles présentés ce week-end lors du lancement de la Biennale Internationale des Arts du Cirque. J’ai eu la chance de pouvoir rentrer au Petit Plateau de la Friche la Belle de Mai. J’étais l’une des dernières personnes de la file à recevoir un ticket. Petite note à moi-même pour l’année prochaine : venir plus tôt afin d’être certaine d’obtenir un billet.

Conçue pour être jouée en extérieur, cette pièce circassienne s’est très bien adaptée aux dimensions de la salle. Intriguée par la construction faite de blocs rectangulaires gris, j’ai été séduite par le minimalisme de la scénographie. La scène débute par l’apparition des artistes surgissant de la structure par mouvements saccadés. Ils se déplacent en pont, ce qui exacerbe l’aspect animal. La première vision qui me vient est la démarche mécanique des fourmis, accentuée par la bande-son électro. Des bruissements qui me font penser aux insectes. Les sept artistes se redressent et prennent conscience des uns et des autres, des relations se tissent alors. Deux femmes et cinq hommes évoluent au cœur des architectures éphémères. Ces êtres se croisent, interagissent et se séparent pour se retrouver en une danse acrobatique. Les modules redéfinissent sans cesse l’espace. Ces monolithes gris habitent le territoire. Tour à tour s’érigent des colonnes, une muraille, des ouvertures se créent, enfin une tour se dessine peu à peu. Les grands blocs à l’aspect bétonné se muent en jeu de construction qui permet une composition et déconstruction de la ville. Les corps des artistes s’agrippent, caressent, bousculent, portent, maintiennent les éléments.

 

Direction Artistique : Kevin Finnan – Direction Cirque : Paul Evans – Artistes : Àfrica Llorens Valls, Alasdair Steward, Andy Davies, Amer Fernandez, Daniel Connor, Lee Tinnion, Luka Owen – Création Costumes : Rhiannon Matthews et Rike Zollner – Scénographie : Deborah McShane – Composition : Sophy Smith – Régie de tournée : Tim Adam – Construction : Tarn Aitken – Production : Ali Williams – Production et Diffusion : Camille Beaumier et Jo Valentine

Pour découvrir NoFit State & Motionhouse : www.nofitstate.org/block

Pour consulter le programme de la BIAC 2017 : www.biennale-cirque.com

•23/11/2016• Festif – Cirque Bouglione

Je me suis rendue pour la seconde année consécutive sous le chapiteau du Cirque d’Hiver Bouglione afin d’assister au spectacle intitulé Festif. Dés l’entrée, nous sommes immergés dans l’ambiance du cirque, à la fois traditionnel par son histoire et teinté de touches contemporaines. En effet, il reste flambant neuf puisque c’est sa seconde tournée depuis son retour sur les routes de France. La caravane Café du Cirque nous plonge dans le passé de ce cirque illustre à travers les photographies. Au cœur du chapiteau, le décor est appréciable, les rivières de pampilles suspendues aux mâts changent de couleur au grès des atmosphères lumineuses.

Le soir où je suis allée voir le spectacle à Marseille, je n’ai pas revu Natalia Bouglione aux sangles aériennes mais j’avais eu la chance de voir son numéro l’année précédente.

L’année dernière, j’avais déjà eu un véritable coup de cœur pour le numéro de jonglage de Sampion Bouglione qui semble tout droit sorti d’un film en noir et blanc des années 40. Une belle performance rythmée par les cliquetis de la tap dance, et le rebond des balles sur le plancher. On remarque le système d’accrochage des balles sur les hanches de l’artiste qui ajoute un élément visuel au costume. Le jeu de lumières met en exergue l’artiste tout en créant une atmosphère intimiste. Il termine son numéro par un flip arrière exécuté pendant le jonglage, reprenant les balles au vol, où il en était avant cette figure acrobatique.

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Sampion Bouglione © Alice Martin

J’ai également apprécié le numéro de Max Weldy. Son dispositif ? Un trampoline, surmonté d’un plongeoir. Max Weldy campe le rôle d’un personnage burlesque. Ses mimiques comiques nous plongent dans une ambiance cartoon. Il maîtrise ses chutes à la perfection.

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Max Weldy © Alice Martin

Le duo de main à main des Frères Caveagna propose de belles figures, privilégiant la technique à la dimension artistique. J’ai un peu regretté le manque de transitions chorégraphiées entre les figures. Notons tout de même le panel impressionnant de portés acrobatiques proposés par ce duo. L’équilibriste et le porteur enchaînent des postures défiant les lois de la gravité.

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Les Frères Caveagna © Alice Martin

Le spectacle est ponctué d’interventions dansées par le ballet Salto Dancers.

Il faut également saluer le travail formidable de l’orchestre dirigé par Didier Melck car les musiciens jouent du début à la fin du spectacle, ce qui confère une certaine harmonie à l’ensemble des numéros.

Rendez-vous pris pour l’année prochaine !

Retrouvez les informations sur la tournée sur le site internet du Cirque d’Hiver Bouglione

•22/09/2016• Les Colporteurs au Fort Saint-Nicolas

Samedi 18 septembre 2016, le Fort Saint-Nicolas de Marseille a accueilli un duo de fil-de-féristes. Invités par le CIAM à l’occasion des Journées du Patrimoine, dans le cadre de Patrimoine en mouvement, Julia Figuière & Julien Posada de la compagnie Les Colporteurs ont bravé le mistral afin de nous offrir un aperçu de leur talent.  À cause du vent violent, ils n’ont pas pu présenter la forme initiale de leur spectacle Evohé. Ils ont tout de même souhaité improviser quelques enchaînements. Sans balancier, ils ont évolué sur six fils tendus. Nous avons eu la chance d’assister à un adage exécuté tout en légèreté dans un écrin de pierres. Ce spectacle hors-les-murs du CIAM, était programmé en avant-première du festival Jour et [nuits] de cirque(s).

Pour plus d’informations concernant le festival Jour et [nuits] de cirque(s) : www.joursetnuitsdecirque.fr

Pour découvrir Les Colporteurs : www.lescolporteurs.com

Wilkommen, Bienvenue, Welcome !

Laissez-vous guider par l’éclat des pampilles. Prenez place, installez-vous confortablement. Ce soir, un emplacement au sein du carré or vous est réservé.

L’obscurité envahit l’espace. Le silence se fait et vos yeux s’habituent à cette nuit enveloppante. La lumière tamisée se substitue à la pénombre, puis la poursuite balaye la piste de son halo. L’orchestre se lance dans un murmure.

Suivez-moi, je vous entraîne dans l’univers enchanteur du cirque. L’exploration commence dès maintenant. J’endosse le rôle de Madame Loyal afin de partager avec vous mon imaginaire circassien.

•19/07/2016• The Sensational Circus Spectacular

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The Sensational Circus Spectacular © Nathan Godding

 

« Spectacular, spectacular, no words in the vernacular! », c’est ainsi qu’un Monsieur Loyal enthousiaste qualifierait la création de Nathan Godding. En effet, ce jeune graphiste de talent a conçu une identité visuelle autour d’un cirque contemporain imaginaire. Il a développé ce graphisme à l’occasion d’un projet de fin d’études. La charte graphique du Sensational Circus Spectacular est déclinée sur plusieurs supports : les affiches, la toile du chapiteau, le site internet, le programme, les badges, le packaging des paquets de pop-corn…
The Sensational Circus Spectacular © Nathan Godding
Aucune photographie, le jeu typographique tient le rôle d’illustration. Des détails typographiques sont prélevés pour constituer les illustrations. Les visuels aux couleurs vives sont estampillés d’un macaron à fond noir. The Sensational Circus Spectacular apparaît en lettres blanches soulignées d’étoiles. La composition, le choix de la typographie à empattements et le mouvement font référence au cirque traditionnel tandis que l’illustration abstraite nous renvoie au cirque contemporain. Ce dialogue fonctionne très bien. Il a utilisé les trois couleurs primaires cyan, magenta et jaune qui par un jeu de superposition dévoilent des mélanges colorés tout aussi lumineux. Cela rappelle les feuilles gélatines des projecteurs créant une ambiance chatoyante.

Ses projets sont à découvrir sur son site internet.